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C'est une association mondiale de lutte contre le piratage et contre la contrefaçon de logiciels. Du moins c'est ce que nous racontent les publicités. Nous avons voulu en savoir plus. Pour cela nous avons joint le nouveau porte-parole du BSA, Jamal Labed, co-fondateur et directeur général de Staff and Line, société française dans la gestion de parcs informatiques. BALHA : Qu'est ce que la BSA ? Jamel Labed : C'est une association qui regroupe des entreprises souhaitant se protéger. La mission essentielle du BSA, la lutte contre le piratage de logiciels. B : Le BSA est une association ? J.L. : Le BSA est effectivement une association, loi 1901. Nous avons une quinzaine de membre. La liste est connue et nous avons commencé à ouvrir le BSA à des adhérents français. Il y a, d’ailleurs, des sociétés connues, qui ne vont pas tarder à rentrer dans le BSA. B : Qui par exemple ? J.L. : Je ne peux pas vous donner ces informations pour le moment, car les candidatures ne sont pas encore officielles. B: Nouveau cette rentrée du BSA dans la légalité ? J.L. : C’est vrai. C’est nouveau. J’étais le premier déplorer ce manque de rigueur. Je crois que cela desservait la cause du BSA. Etre dans la norme fait partie aussi de la nouvelle politique de BSA. Nous sommes aujourd’hui déclarés à la préfecture de Nanterre. Avant, effectivement, ce qui était privilégié, ce qui ne justifie rien, c’était l’action au détriment de la structure. Plus aujourd’hui. B : Le BSA belge interdit après des malversation, vous en pensez quoi ? J.L. : Une erreur évidente du BSA belge. Mais il faut rappeler que le BSA France n’a rien à voir avec la structure du BSA belge. Chaque BSA, pour chaque pays est autonome B : Pour ce qui est de la Belgique, le BSA ne peut plus y mettre les pieds ? J.L. : La justice belge s’est armée pour qu’il n’y ait plus de débordement. B : Votre fonctionnement ? J.L. : Les membres nous payent une cotisation annuelle. Les portes-paroles, moi et Didier Cocherel (Adobe Systèmes France) nous sommes bénévoles. B : Combien coûte la cotisation ? J.L. : Je ne peux rien dire. Chaque membre paye selon son chiffre d’affaires. Et le montant reste secret. On a deux niveaux d’adhérents. Les locaux, comme l’entreprise française en France, l’italien en Italie et les adhérents Internationaux qui règlent leurs cotisations au niveau européen. B : Vos actions se font par la Pub, c’est un choix ? J.L. : Oui, la publicité nous permet de mettre en avant nos actions. Nous mettons à disposition des outils et une hotline pour informer les entreprises. Aujourd’hui nous allons modifier les objectifs de la hotline. B : Qui gère cette hotline ? J.L. : La Hotline est gérée par une entreprise spécialisée dans ce genre de travail, le BSA paye le service. B : Ce n'est pas un peu agressif comme méthode ? Vos pubs appellent à la dénonciation ? J.L. : C’est vrai que la Hotline a reçu des dénonciations. Mais dorénavant elle servira à apporter des solutions. A aider les entreprises. L’aspect agressif a permit pendant longtemps de faire entendre la BSA. Aujourd’hui l’idée c’est de revenir sur un ton plus juste, plus équilibré, mais en restant avec un message ferme. La loi existe, elle doit être appliquée, avec des aspects que nous voulons dorénavant plus sous la forme de partenariat avec les entreprises. Un partenariat, car beaucoup d’entreprises ne savent pas qu’elles utilisent des copies. B : Ce genre de pub ? Ca attire beaucoup de monde ? J.L. : Nous Avons eu beaucoup d’appels. Mais surtout pour des demandes d’informations. B : Vous agissez à chaque fois ? J.L. : Non. Mais il faut savoir que nous avons en moyenne une centaine d’actions par mois. B : Vous n’agissez jamais chez les particuliers ? J.L. : Non. Notre cible est l’entreprise. Le cas des particuliers est ingérable. D’autres associations comme l’APP gèrent le problème du piratage chez les particuliers. B : Philippe Marros a dit dans le journal Libération qu’il n’y avait pas de délation sur la Hotline ? Vous n’avez pas le même discourt, pourquoi ? J.L. : L’objectif numéro un de cette hotline n’est pas de provoquer la délation. La délation est quelque chose de chaud en France. Philippe Marros, a simplement dit que ça pouvait exister, et que tout ce qui remontait par cette hot ligne n’était pas traité. B : Beaucoup de monde vous dénonce comme une machine à protéger le monopole de Microsoft. Que répondez-vous à cette accusation ? J.L. : C’est faux. Microsoft est l’un des membres de BSA. C’est une entreprise importante, mais au BSA, tout le monde est important. Microsoft a un poids économique conséquent sur le marché. Le simple fait que Microsoft soit au BSA, incite certaines personnes a dire que BSA égal Microsoft. C’est extraordinairement insultant pour les autres membres, nous ne sommes pas des marionnettes. |
T : Pourtant comme chacun cotise selon son chiffre d’affaires, MS a une position plus importante ? J.L. : Non ! Chaque membre est à égalité envers les autres. Je ne parlerai pas des cotisations, cela reste à la discrétion de l’association et nous ne sommes pas obliger d’en parler. T : Pourtant, le n° de phone de BSA tombé chez MS ? J.L. : Nous n’avions pas de lieu précis à l’époque en France, donc l’un de nos membres à proposer de nous prêter une ligne. De plus il est un membre très actif, on ne va s’en plaindre. Tous les membres de BSA profitent des actions de chacun. Le BSA n’est pas une confrérie de joyeux lurons, nous sommes là pour défendre notre business, et aussi le business des auditeurs français. A un moment ou le gouvernement semble découvrir qu’il existe une industrie hi-tech en France, il faudrait que l’on se décide à créer des conditions favorables pour s’exprimer. Donc avoir un marché intérieur plus important. Pourquoi les Américains réussissent si bien ? Tout simplement parce qu’ils ont un marché intérieur fort, ils ont pris en main le problème du piratage. Ils n’ont que 27 % de piratage. En France, le taux de piratage est de 44%. T : Dans certains pays, Lotus et Novel par exemple, ont quitté le BSA, Microsoft abusait de sa position au sein de BSA et faisait chanter les sociétés prises en flagrant délit pour que ces dernières achètent ses propres logiciels aux lieux de celles de ses concurrents piratés. J.L. : Je n’ai aucun commentaire sur le sujet. T : Le BSA a sorti un communiqué expliquant qu’en France, il existerait 44 % de copies sur le marché, d’où viennent ces chiffres ? J.L. : D’une étude d’un cabinet d’audit américain. C’est une étude réalisée après le regroupement de chiffres venant des éditeurs et du marché. La méthodologie est très peu contestée, le taux de piratage est calculé sur la plupart des marchés, par le BSA et le SPA. T : Vous connaissez le pourcentage de personnes qui ont des copies et qui pourraient acheter des originaux si jamais le piratage n’existait pas ? J.L. : Non, c’est vrai que l’on ne connaît pas ce pourcentage. Mais je peux vous dire que le taux de piratage baisse. Un exemple, en Italie, en un an, le taux de piratage a baissé de 85% à 50 %. Des résultats obtenus grâce aux autorités italiennes. Ce genre d’actions nous permet de chiffrer correctement nos études. T : Et dans les autres pays, comme la Russie. Comment agit le BSA ? J.L. : Le BSA est implanté dans tous les pays dont le marché est important. En Russie on a beaucoup de problème. Sur ce type de pays on a deux gros poings noirs. D’abord les gens qui piratent dans les entreprises et ensuite une industrie du piratage qui est très difficile à gérer. T : Le piratage fait vendre des machines ? J.L. : Effectivement certains magasins vendent des machines avec des copies. Mais il ne faut pas exagérer. L’excuse est soit disant le prix des logiciels. On a souvent dit que le piratage était justifié par des prix des logiciels trop élevés. Cela fait 15 ans que je suis dans l’informatique, et les prix ont largement baissé en 15 ans. On se rend compte en plus que les logiciels les moins coûteux sont les plus piratés. Parce qu’il y a une espèce de sentiment d’invulnérabilité. T : Pourquoi avoir choisi de devenir le porte-parole ? J.L. : Une raison importante, c’est la première fois qu’une société française est représentée à ce poste. J’ai aussi la volonté de faire évoluer pas mal de chose au BSA. T : Quoi par exemple ? J.L. : nous souhaitons dorénavant plus porter notre action sur l’éducation et la pédagogie. Ce deuxième aspect du Bsa est le moins connu et je vais tout faire pour le mettre plus en avant. Nous ne sommes pas que répressifs. Avec ma société on a contribué à développer tous les aspects informatifs, éducatifs et les outils. T : Ce n’est pas trop dur de reprendre la place de Philippe Marros ? J.L. : Très sincèrement, il a fait beaucoup pour le BSA. Il était appuyé par l’ensemble des membres du BSA, il n’a pas eu une mission facile. Il a véhiculé un message, mais ce n’était pas que de son seul fait. T : Un porte-parole, ca n’existe pas dans une association ? J.L. : Rien n’empêche d’avoir un porte-parole. B : Qui est le patron du BSA ? Il faut au moins un président, un secrétaire et un trésorier dans une association ? J.L. : Dans ce cadre là, nous représentons le bureau d’une association américaine. Nous restons cependant libres de nos actions et les décisions sont collégiales. |